Les Pays-Bas s’attendent à la reprise des livraisons de puces de Nexperia depuis la Chine

Les Pays-Bas s’attendent à la reprise des livraisons de puces de Nexperia depuis la Chine

Les tensions autour de Nexperia semblent progressivement s’apaiser. Maintenant que les États-Unis et la Chine ont conclu un accord, la voie est ouverte pour de nouvelles livraisons de puces depuis la Chine. Si et combien de temps Nexperia restera sous contrôle néerlandais n’est pas encore totalement clair.

Le gouvernement néerlandais s’attend à ce que Nexperia reprenne la livraison de puces depuis ses établissements chinois dans quelques jours. Le ministre Karremans (Affaires économiques) indique que la Chine rend cela possible après un récent accord commercial et économique avec les États-Unis. Les Pays-Bas suivent la situation et se coordonnent avec la Commission européenne et les partenaires internationaux.

L’engagement signifie que les clients retrouvent l’accès aux puces dites legacy. Ces composants sont importants notamment pour l’industrie automobile européenne et l’électronique grand public. Selon le ministère, la démarche chinoise s’aligne sur les informations également partagées avec la Commission européenne.

Loi sur la disponibilité des biens

Le développement fait suite aux interventions du gouvernement néerlandais chez Nexperia. Le 30 septembre 2025, la ministre a mis en œuvre la Loi sur la disponibilité des biens et a pris le contrôle de l’entreprise. Le ministère a souligné les défaillances dans la gouvernance et le risque pour la sécurité économique néerlandaise et européenne si les connaissances et capacités venaient à disparaître.

En pratique, d’autres intérêts étaient néanmoins en jeu. L’action s’est révélée au moins partiellement inspirée par la pression des États-Unis. Le gouvernement américain avait averti les Pays-Bas que Nexperia sous le contrôle chinois de Wingtech ferait également l’objet des sanctions émises contre cette entreprise.

Décision du tribunal

Parallèlement à la mesure gouvernementale, une procédure d’enquête est en cours devant la Chambre des entreprises de la cour d’appel d’Amsterdam. Nexperia l’a elle-même demandée via plusieurs administrateurs. La Chambre des entreprises a suspendu un directeur statutaire (le PDG) pour la durée de la procédure.

Le juge a nommé un administrateur temporaire non exécutif avec pouvoir décisionnel et a transféré toutes les actions, sauf une, à un gestionnaire désigné par le tribunal. Ainsi, le juge a souligné selon les Pays-Bas le doute concernant une gouvernance et une gestion d’entreprise appropriées, ce qui doit justifier l’invocation de la Loi sur la disponibilité des biens.

Biens indisponibles

La prise de contrôle de la direction n’a en tout cas pas eu le résultat escompté. La division chinoise de Nexperia, qui assure une part importante de la production, a déclaré en réaction pratiquement son indépendance et a affirmé ne pas être liée par les décisions du siège néerlandais.

Le gouvernement chinois s’est également impliqué dans l’affaire et a promptement instauré une interdiction d’exportation pour tous les établissements chinois de Nexperia. Cette interdiction d’exportation a des conséquences : entre autres, le secteur automobile de l’UE dépend des puces de Nexperia. Aujourd’hui, la Loi sur la disponibilité des biens a ironiquement provoqué une indisponibilité des biens.

Les Pays-Bas affirment avoir consulté depuis le début les autorités chinoises sur une solution viable. Cela comprenait à la fois la garantie de la stabilité chez Nexperia Holding et la recherche de clarté concernant la Règle des affiliés américaine.

Reprise des exportations, mais qu’en est-il du contrôle ?

Avec l’accord annoncé entre la Chine et les États-Unis, les Pays-Bas s’attendent à ce que l’exportation de puces depuis la Chine soit reprise. Ce qui arrivera au contrôle de Nexperia n’est pas clair. Bloomberg pense savoir que les Pays-Bas veulent abandonner la gestion de Nexperia. Le ministère néerlandais des Affaires économiques dément cependant, mais ajoute que le contrôle repris est par définition de nature temporaire.

Toute cette affaire a pris de grandes proportions. Il semble surtout que les questions diplomatiques dirigent le récit. Dans ce contexte, l’UE et les Pays-Bas ne sortent pas gagnants. La Chine a montré qu’elle a également des dents et qu’elle est prête à réagir fermement lorsqu’elle voit ses intérêts économiques menacés. Au final, l’Europe est trop dépendante de ce que Nexperia produit en Chine pour vraiment faire le poids.

L’industrie automobile en détresse

L’industrie automobile européenne craint une pénurie aiguë. « Tant que des restrictions s’appliqueront à l’exportation de plaquettes vers la Chine, nous n’aurons pas suffisamment de puces pour répondre à la demande mondiale », déclare l’ACEA, l’association des constructeurs automobiles européens, au Financial Times. Chez Volkswagen également, on parle d’une « situation incertaine ».

Les constructeurs automobiles européens suivent donc la situation avec appréhension et espèrent que les sites néerlandais et chinois de Nexperia parviendront rapidement à un accord de paix définitif. « Ce qui se passe actuellement est tout simplement inexplicable et dévastateur pour des centaines d’industries », déclare un autre témoin anonyme de l’industrie au Financial Times.

Cet article est paru initialement le 10 novembre et a été mis à jour avec les informations les plus récentes.