Quatre associations professionnelles européennes appellent à des efforts politiques conjoints pour une économie numérique résiliente et indépendante en Europe.
Beltug, le réseau belge des CIO et des leaders numériques, s’associe à Cigref (France), CIO Platform Nederland et VOICE (Allemagne). Par le biais d’une lettre ouverte commune, les associations souhaitent sensibiliser les décideurs européens. Elles insistent sur une action politique plus énergique en matière de souveraineté numérique et d’autonomie stratégique.
Selon les signataires, la dépendance numérique coûtera à l’Europe environ 264 milliards d’euros en 2025. Sans intervention, ce montant pourrait atteindre 500 milliards d’euros d’ici 2032. Il faut d’abord définir clairement ce qu’est la souveraineté avant de construire une politique autour de celle-ci.
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Appel aux investissements et à la simplification
Selon la déclaration, l’Europe doit mieux soutenir sa propre industrie numérique. Cela nécessite des investissements ciblés dans l’infrastructure cloud, les logiciels et les services numériques, ainsi que des mesures politiques qui favorisent les fournisseurs européens dans les marchés publics. La préférence européenne dans les appels d’offres n’est pas une forme de protectionnisme, mais une stratégie nécessaire pour renforcer l’autonomie numérique, affirment les quatre associations.
Les associations soulignent également la complexité de la réglementation numérique européenne. Elles plaident pour une simplification et une harmonisation, en supprimant les règles superflues et en améliorant la coordination de la surveillance au niveau de l’UE. Cela devrait conduire à des règles du jeu équitables pour les fournisseurs européens et non européens au sein du marché intérieur : une demande que les Américains partageront.
Confiance, concurrence et infrastructure commune
La déclaration souligne l’importance d’un écosystème cloud européen fiable. Les données européennes doivent rester au sein de l’UE et être protégées contre la législation extérieure. Dans ce contexte, les associations professionnelles demandent une révision de la loi sur la cybersécurité et un affinement du système de certification EUCS.
Elles appellent également à une application plus stricte du droit européen de la concurrence. Les grandes entreprises technologiques qui abusent de leur position dominante sur le marché devraient être plus rapidement désignées comme des « gardiens d’accès » en vertu de la loi sur les marchés numériques.
Enfin, l’importance de l’identité numérique, de l’infrastructure numérique commune et d’une utilisation responsable de l’intelligence artificielle est soulignée. L’IA doit être basée sur les technologies européennes, être transparente et juridiquement protégée contre les influences extérieures à l’UE.
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