Les routeurs « étrangers » ne sont plus les bienvenus aux États-Unis

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La FCC américaine impose une interdiction sur la vente de routeurs produits à l’étranger. La mesure semble également s’appliquer aux fabricants européens.

La Federal Communications Commission (FCC), le régulateur américain des télécoms, interdit la vente de routeurs grand public produits à l’étranger aux États-Unis. C’est ce qui ressort des nouvelles directives publiées hier. Les nouveaux routeurs n’entreront plus dans le pays s’ils n’ont pas été produits aux États-Unis.

Le fait que des directives soient en préparation n’est pas surprenant. La marque chinoise TP-Link, dont les routeurs sont très populaires auprès des consommateurs américains, est dans le collimateur depuis fin 2024 en raison de risques de sécurité. Cependant, l’interdiction proposée par la FCC ne se limite pas aux routeurs de TP-Link ou des marques chinoises, mais vise également, selon une interprétation littérale, les marques européennes.

Liste interdite

La FCC annonce en effet qu’elle élargit sa « liste interdite » d’équipements réseau à « tous les routeurs à usage grand public produits à l’étranger ». Tout routeur qui n’a pas été développé, conçu ou produit aux États-Unis est sans détour étiqueté comme un risque pour la sécurité nationale.

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« Les routeurs aux États-Unis doivent disposer de chaînes d’approvisionnement fiables, afin que nous n’offrions pas aux acteurs étrangers de potentielles portes dérobées intégrées vers les foyers, les entreprises, les infrastructures critiques et les services d’urgence américains », indique la motivation de la FCC.

Quelques exceptions sont prévues. Les consommateurs ayant acheté un routeur désormais interdit ne doivent pas craindre de ne plus pouvoir utiliser leur appareil soudainement. La FCC ferme également les yeux sur les routeurs ayant passé le processus d’approbation de la commission. Mais désormais, tous les nouveaux routeurs devront porter le label « made in America ».

Les routeurs européens également visés

La mesure pourrait aussi toucher des fabricants de routeurs américains tels que Netgear, car ils se tournent tout autant vers l’Asie pour leur production. Les fournisseurs peuvent obtenir une exception, moyennant une motivation approfondie expliquant pourquoi ils ne produisent pas aux États-Unis et un plan pour rapatrier la production sur le sol américain.

Il semble que les fabricants de routeurs européens, comme l’allemand Fritz, soient placés dans la même catégorie que TP-Link. Les États-Unis jettent ainsi de l’huile sur le feu géopolitique. La technologie étrangère n’est pas la bienvenue aux États-Unis, mais toute mesure inverse contre les entreprises américaines est considérée par l’administration Trump comme une attaque personnelle.