Plusieurs départements du gouvernement américain souhaitent utiliser le modèle Mythos d’Anthropic pour améliorer leur sécurité. Une réconciliation ne semble pas encore à l’ordre du jour.
Une délégation de la Maison-Blanche serait actuellement en discussion avec Anthropic pour figurer sur la liste des invités de Mythos. Mythos est le nouveau modèle d’Anthropic développé pour la cybersécurité. Le gouvernement américain s’intéresse au modèle pour la protection des infrastructures critiques.
Le modèle Mythos a déjà fait couler beaucoup d’encre depuis son annonce il y a une semaine. Mythos serait si puissant qu’il pourrait craquer n’importe quel logiciel. Le modèle a par exemple déjà réussi à découvrir une vulnérabilité logicielle restée sous les radars pendant 27 ans. C’est précisément pour cette raison qu’Anthropic garde Mythos sous clé et n’en donnera l’accès qu’à un nombre restreint de partenaires.
Sécuriser les infrastructures critiques
La Maison-Blanche veut absolument en faire partie. La demande d’utilisation de Mythos serait pilotée par des départements responsables des infrastructures critiques, tels que l’énergie et les finances. Ils souhaitent utiliser Mythos pour examiner dans quelle mesure les infrastructures critiques sont protégées contre les cyberattaques d’États hostiles avant qu’elles ne puissent effectivement avoir lieu.
Un consensus régnerait au sein du gouvernement sur le fait qu’Anthropic est le meilleur partenaire avec qui collaborer en matière de sécurité. « Le gouvernement a la responsabilité d’évaluer chaque modèle pour voir où se situent les limites de la technologie. Tous les services de renseignement utilisent Anthropic, tous les autres services gouvernementaux le veulent », expliquent des sources gouvernementales à Axios.
Différend avec le Pentagone
Le fait qu’Anthropic revienne sur le devant de la scène à la Maison-Blanche est remarquable. Le département de la Défense, communément appelé le Pentagone, a placé Anthropic sur liste noire après un désaccord éthique. Anthropic souhaitait imposer certaines conditions, non déraisonnables, pour l’utilisation de ses modèles, mais le Pentagone ne se laisse dicter sa conduite par personne. Anthropic a été écarté au profit d’OpenAI.
Depuis lors, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et Anthropic ne s’épargnent pas les reproches mutuels. Anthropic tente de faire annuler ce bannissement par voie judiciaire, mais essuie pour l’instant un refus. Si l’on en croit les informations des médias américains, une réconciliation semble peu probable pour le moment.
Le différend semble peu intéresser les autres départements gouvernementaux. « Si vous êtes le département de l’Énergie, cela vous est égal. Vous avez peur que les Chinois n’attaquent le réseau énergétique. Vous voulez donc Anthropic », déclare un fonctionnaire à Axios.
