Lenovo avertit ses partenaires d’une hausse de prix imminente, qui touchera également le segment professionnel. Les pénuries de RAM en sont la cause.
À partir de mars, Lenovo répercutera la hausse des prix de la RAM sur les clients de PC et de serveurs. C’est ce qu’indique CRN, se basant sur un message adressé aux partenaires de distribution de Lenovo aux États-Unis.
Cette augmentation de prix n’est pas une surprise. Les prix de la RAM sont en effet en forte hausse. Les fabricants ne disposent que de stocks de mémoire limités. Dès que ceux-ci sont épuisés, ils doivent eux-mêmes s’approvisionner en RAM à des prix plus élevés. De plus, les marges sur les appareils tels que les ordinateurs portables d’entrée et de milieu de gamme ne sont pas très importantes. Le résultat est prévisible : les fabricants répercutent la hausse des prix sur le client final.
Il est à noter que Lenovo annonce une augmentation de prix à partir de mars pour les serveurs comme pour les PC. Le fabricant conseille aux clients de passer leurs commandes à temps, avant que les prix n’augmentent. Même dans ce cas, Lenovo reste prudent. Le prix des commandes qui ne sont pas expédiées avant le 31 mars pourra tout de même être révisé. À ce moment-là, Lenovo devra en effet utiliser lui-même de la RAM plus coûteuse.
La faute à l’IA
La cause de cette hausse de prix est à chercher du côté de l’engouement pour l’IA. Les entreprises derrière les grands modèles d’IA, telles qu’OpenAI, Google et Meta, souhaitent accroître le plus rapidement possible la capacité de leurs centres de données, avec des serveurs adaptés à l’entraînement et à l’inférence de l’IA. Ces serveurs contiennent des accélérateurs d’IA, comme les puces Blackwell de Nvidia. Les accélérateurs d’IA ont un point commun : ils nécessitent énormément de mémoire sur la puce. Pour les modèles haut de gamme, il s’agit de HBM (High Bandwidth Memory). Un Blackwell B200 embarque par exemple 192 Go de mémoire HBM3E. Pour son successeur Rubin, la situation est similaire.
Le monde ne compte qu’une poignée de grands fabricants de mémoire. Ceux-ci disposent d’une capacité de production limitée : la demande liée à l’IA dépasse largement l’offre. De plus, la HBM sort des mêmes lignes de production que la RAM, mais elle est plus rentable. Samsung, Micron et SK Hynix choisissent donc de consacrer une grande partie de leur capacité de production limitée à la production de HBM, plus lucrative. Cela aggrave encore les pénuries de RAM et fait grimper les prix de manière significative.
Augmentation de prix prévue
Les fabricants de smartphones, de PC et de serveurs ne peuvent supporter l’énorme hausse des prix. Dell a déjà annoncé fin 2025 qu’il augmenterait ses prix, et HP a fait savoir à l’époque qu’il prévoyait de faire de même au printemps de cette année. Lenovo a également indiqué que les prix fluctueraient en 2026. L’augmentation actuelle en est la conséquence.
Les distributeurs répercuteront à leur tour des prix plus élevés sur les clients finaux dans tous les segments. Le matériel deviendra donc nettement plus cher. Les fabricants commercialiseront probablement aussi des configurations avec moins de RAM, afin que les prix d’entrée de gamme restent attractifs.
De plus, il n’y a pas que la RAM qui devient plus chère. Les clusters d’IA ont besoin d’un stockage rapide pour alimenter toute cette mémoire HBM. Cela se traduit par une forte demande de SSD. Là aussi, la demande est supérieure à l’offre, ce qui fait que le prix des SSD monte également en flèche.
