Meta exclut l’IA externe de WhatsApp : l’UE veut intervenir d’urgence

Meta exclut l’IA externe de WhatsApp : l’UE veut intervenir d’urgence

La Commission européenne a officiellement informé Meta de possibles mesures provisoires après que l’entreprise a exclu les assistants IA tiers de WhatsApp. Selon la Commission, cette mesure peut gravement nuire à la concurrence sur le marché des assistants IA.

La Commission européenne a envoyé à Meta une communication des griefs dans laquelle elle affirme que l’entreprise viole potentiellement les règles européennes de concurrence. La Commission enquête depuis décembre pour savoir si Meta exclut les concurrents de son propre assistant IA par des modifications de politique sur WhatsApp. Cela peut selon elle conduire à des dommages durables pour le marché.

Exclusion des assistants IA externes

L’origine est une modification des conditions de WhatsApp Business que Meta a annoncée en octobre 2025. Cette modification a fait qu’à partir de janvier 2026, seul le service IA propre de Meta est accessible sur WhatsApp. Les autres assistants IA généraux ont perdu la possibilité de communiquer avec les utilisateurs via la plateforme.

Selon la Commission, Meta a fermé l’accès à un canal de distribution important avec cette démarche. L’exclusion de tiers peut empêcher l’entrée de nouveaux fournisseurs et limiter la croissance des acteurs existants.

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Dans son analyse préliminaire, la Commission affirme que Meta occupe une position dominante sur le marché des services de communication dans l’Espace économique européen. Cette position découle principalement de l’usage généralisé de WhatsApp. En ne donnant pas accès à d’autres entreprises, Meta abuserait de cette position dominante.

Besoin urgent

La Commission voit en outre un besoin urgent de mesures de protection. Sans intervention, il existe le risque que les petits fournisseurs d’assistants IA soient durablement marginalisés. C’est pourquoi elle envisage des mesures provisoires qui obligeraient Meta à revenir temporairement sur sa politique, en attendant une décision définitive.

C’est une analyse justifiée de la commission. Les grands acteurs technologiques (américains) ont historiquement déjà compté à plusieurs reprises sur la lenteur du système européen concernant l’application des règles antitrust. Ainsi, Microsoft ne s’est pas conformé aux règles du jeu avec Teams, mais n’a dû découpler la solution de communication de sa suite Office qu’après qu’elle ait acquis une position dominante.

L’envoi d’une communication des griefs ne signifie pas encore que la Commission a pris une décision finale. Meta a maintenant la possibilité de répondre aux objections et de se défendre. Ce n’est qu’ensuite que la Commission décidera si les conditions pour des mesures provisoires sont remplies.

L’enquête se déroule dans tout l’EEE, à l’exception de l’Italie, où l’autorité nationale de la concurrence a déjà imposé des mesures provisoires fin 2025. Cette décision laisse présager que Meta sera également jugé en tort cette fois-ci.